À Dunkerque, il y avait eu, en douze ans, 72 morts brûlés dans les hauts-fourneaux. Je voudrais d’abord remercier l’Humanité de cette invitation. Il fut très surpris que je l’appelle pour devenir mon directeur de cabinet. Aujourd’hui, il faut rappeler les principes sur lesquels nous fondons notre démarche, formuler des propositions et inscrire ce que nous faisons dans une perspective qui est celle du XXIe siècle. dans le PCF ? J’avais notamment envisagé d’élaborer une charte entre l’administration et les citoyens. J’ai commencé par un tour de France de tous les grands problèmes de la santé. Il y avait d’une part la propension du PS – à commencer par François Mitterrand – à accepter cette situation, à se soumettre en essayant d’y faire face par des mesures classiques dites de dévaluation et de rigueur et, d’autre part, la propension du PCF à s’installer dans l’opposition en défendant les acquis sans avancer de propositions nouvelles ou chercher des issues. Évidemment, j’ai fait le maximum pour m’entourer de collaborateurs de qualité. Anicet, lui, était sénateur. Il conserve son poste jusqu’en mars 1993. Un exemple : j’ai fait adopter une loi d’orientation des transports, dont la philosophie est « ni libéralisme destructeur, ni étatisme bureaucratique paralysant », mais une combinaison de la maîtrise publique et de l’initiative privée, avec la recherche, certes, d’une concurrence, mais fondée sur des bases saines, avec la prise en compte par les entreprises de transport, non seulement des coûts d’exploitation directs, mais des coûts sociaux et environnementaux, ce qu’on appelle les coûts externes. Nous avons eu ces discussions au moment du tournant de la rigueur et du changement de gouvernement, en 1983. Féminisation du gouvernement. Mais après, c’est le réel qui nous guide. Tous ceux qui bénéficient de la carte orange remboursée à 50 % peuvent aussi nous remercier. Contrairement à ce que certains ont suggéré, on ne s’est pas vautré dans les fauteuils ministériels ! Cette charte, votée par le gouvernement, a fait son chemin, a marqué, même si j’ai affronté des mouvements sociaux extrêmement complexes. Ça faisait drôlement souffrir même. Ce fut très dur, notamment avec les premiers, car ils ne voulaient pas d’un « avion politique », disaientils. Je considère que ce siècle va appeler une intervention publique de plus en plus forte et qu’il doit être l’âge d’or des services publics. J’ai beaucoup de mal à me souvenir des sentiments que j’ai pu éprouver au soir du 10 mai, au-delà de la satisfaction de voir la gauche gagner. L’essentiel a d’abord été dans l’éloge, ensuite dans la critique, ce qui pour une part était justifié, mais il aurait fallu aussi avoir le souci de se tourner vers l’avant, de dépasser la situation. Il avait occupé le poste de ministre de la … Évidemment, l’existence de Jack Lang a fait que la place était prise. J’ai un ami, que je me suis fait pendant la guerre de Bosnie. La présidence pense mettre un place un plan de relance de l'investissement public et privé, réduire la durée du travail, inciter à la reconquête du marché intérieur, et réformer la fiscalité et la Sécurité sociale. Deuxième chose. Or, la tendresse n’était pas la caractéristique des gouvernements auxquels nous succédions… Je me suis dit qu’enfin, le facteur humain allait être pris en compte par le sommet de l’appareil d’État. C’est ce j’appelle l’appropriation sociale. C’est ça qui est à l’ordre du jour. Mitterrand m’a invité à intervenir auprès de la direction du Parti pour que nous restions, que nous soyons patients, car il s’agissait d’une étape et nous allions ouvrir ensuite des perspectives nouvelles… Nous n’y avons pas cru, ni les uns ni les autres, et nous sommes restés. Ils étaient tous derrière leurs machines. Il dit à un moment : « Nous avons tous un héritage, et nous devons le défendre, mais dans un même mouvement, nous devons nous en défendre. Le sublime Mitterrand a pu tout se permettre. Au cours de la crise récente, beaucoup ont souligné l’importance de ce secteur public – singularité française – qui a constitué un puissant amortisseur social. Nous avons réalisé un travail inouï et je suis heureux de pouvoir le dire aujourd’hui car, à l’époque, tout cela était tu. Le Havre, par exemple, à cause de la couleur politique de sa municipalité, n’était pas desservi par l’autoroute, alors que c’était l’un des plus grands ports de France. En revanche, j’ai moins bien réussi sur le terrain des réformes administratives. Il faut également évoquer l’espérance qui existait en 1981 avec le fameux « changer la vie », l’espérance de modification des rapports sociaux, sociétaux qui a été un peu engagée au début de la prise de pouvoir. » Aussitôt, je saluais la politesse de l’assemblée, et j’ajoutais : « Vous ne pourriez pas avoir des excès de courtoisie ? Je pense à une expérience récente. Mais se placer, non dans une situation de repli, mais d’avancée aussi difficile soit-elle. Le matin, on m’avait affecté aux PTT. Quand nous avons quitté le gouvernement, deux personnes m’ont invité à déjeuner dans les heures qui ont suivi : Simon Nora, le grand banquier, et une petite conseillère technique du cabinet de Mitterrand, chargée de la fonction publique et que je n’avais jamais vue. Je me suis trouvé avec une proposition de budget en 1983 avec 5 000 suppressions d’emplois à la SNCF. La nomination de quatre ministres communistes au gouvernement a, effectivement, été le fruit d’un long combat. » Le lendemain, à Aubervilliers, assemblée du bureau d’aide sociale, avec beaucoup de monde, des pauvres, qui me tiraient par la manche : « Surtout ne partez pas, pour que, au moins, on garde les petites choses que nous avons conquises avec vous. En trois ans, ça en fait pas mal… Je me souviens, par exemple, de la convention SNCF de 1947 qui arrivait à son terme en 1982. À Trappes, on encaisse un mauvais coup de plus, Pertes chez Renault : la solidarité nationale et les salariés limitent la casse, Adecco sommé de s’expliquer sur sa "liste noire", Pierre Dharréville : « La santé au travail, ce devrait être du concret », Michel Offerlé : « Les grands patrons font de la politique sans s’engager électoralement », Guerre au Yémen : le soutien meurtrier de la France à l’Arabie saoudite. Oui, la «mutation» du PCF, engagée sous sa responsabilité depuis 1994, est sincère, réelle. Moi, je me suis trouvé à plusieurs reprises devant des gens, notamment des cheminots, des syndicalistes CGT, me disant : « On ne va pas bouger, faire grève, parce qu’on ne veut pas te gêner. Or, il ne s’agit pas de faire les fanfarons mais d’être debout, à hauteur d’homme, c’est-à-dire digne. Alors que le fait du jour, c'est la prise de fonction du nouveau gouvernement Fabius, qui se réunit en Conseil pour la première fois le jeudi 19 juillet, le journal télévisé revient sur l'absence des ministres communistes à Matignon qu'il impute aux désaccords entre le PCF et le gouvernement autour de la politique économique suivie. L’autre jour, lors d’une réunion chez eux, un gars, président du comité de soutien, dit : « Je trouve curieux qu’on ne dise jamais un mot des horaires d’ouverture des Archives. Je ne dis pas qu’il n’avait pas une responsabilité, mais c’était quand même un peu facile de battre sa coulpe sur la poitrine de son partenaire. Finalement, nous avons accepté de rester dans le gouvernement sous l’autorité de Mauroy en essayant de nous battre pour que cette situation ne se traduise pas par l’arrêt des réformes, voire leur remise en cause. Dès le début, dans un ministère où la dimension sociale est évidente, j’ai demandé à tous les directeurs s’ils souhaitaient rester. Dans tout ce débat, j’insiste, il faut savoir garder de la dignité. À l'occasion de la disparition de Pierre Mauroy, l'Humanité.fr vous propose la table ronde avec les quatres ministres communistes de son deuxième gouvernement (1981-1984) Charles Fiterman, Anicet Le Pors, Jack Ralite et Marcel Rigout où ils avaient dressé le bilan de leurs expériences dans un hors-série, 1981, L'Histoire d'une espérance. Vous voyez, on est enfermé, on aime tellement l’histoire qu’on la bloque… Quand nous avons vu au gouvernement que ça commençait à ne plus aller, ça ne s’est pas fait d’une manière brutale : j’ai lu des comptes rendus de colloques sur la politique économique du deuxième gouvernement Mauroy, avec les anciens conseillers de Mitterrand. Seul l’un d’entre eux a pris la décision de partir, les autres sont restés et j’ajoute qu’ils ont bien travaillé. Personnellement, cela était un choc, et je ne parle pas du fait de devenir ministre alors que je n’y pensais même pas un quart d’heure avant ! Liste des ministres du Gouvernement de Pierre Mauroy (1981-1984) sous la présidence de François Mitterrand (1981-1995) Pierre Mauroy : Premier ministre. Moi, je ne m’attendais pas du tout à être ministre. Je crois que nous nous y sommes employés tous les quatre. Un mois plus tard, quatre ministres communistes sont nommés : … Pour lui, il fallait qu’il reste le ministre des fonctionnaires, et donc des bureaucrates. Dans des conditions très difficiles, que Charles a rappelées, nous sommes restés. Quand nous sommes entrés au gouvernement, il y avait 2,1 millions fonctionnaires de l’État. En même temps, il fallait partir. Qu’en pensez-vous ? JACK RALITE. Comme sur la psychiatrie, dont l’étape de Sotteville- lès-Rouen m’a profondément marqué, autour de l’abrogation de la fameuse loi de 1838 qui instituait une gestion immobile de la folie et le retranchement hors du monde des malades mentaux. Ce fut en ce sens plus la dernière grande expérience de gauche du XXe siècle que la première du XXIe siècle. Comme je m’occupais des questions agricoles au sein du groupe communiste à l’Assemblée, tout le monde pensait que j’allais être ministre de l’Agriculture. Ces tentatives sont celles des lois Auroux, par exemple. » Je ne vous mens pas, à partir de 1983, j’ai terminé tous les discours par cette phrase. J’ai grandi dans une famille de 10 enfants où j’étais le plus jeune. Nous avons été en ce sens des passeurs. Son vice-président était un universitaire, Jacques Latrille, élu par toutes les voix communistes et socialistes et plus de la moitié des voix de droite. Et puis, j’ai commencé ma vie professionnelle au tram de Saint-Étienne… C’était peut-être un signe du destin, mais cela ne me qualifiait pas spécialement pour être ministre des Transports ! Je ne croyais pas qu’il démissionnerait ; il a alors repris les négociations. JACK RALITE. J’avais dit à mes collaborateurs à l’époque que nous avions vingt ans d’avance avec cette loi. Moi, j’ai répondu que j’avais pensé à mes parents. Mais je dois avouer que j’étais très partagé, entre le plaisir de représenter sur ces marches de l’Élysée les millions de gens qui nous avaient soutenus, la curiosité de pénétrer dans les arcanes de la direction de l’État et, en même temps, une véritable angoisse sur la meilleure manière de répondre à cette formidable attente. Ce ministère était curieux, son personnel était fortement marqué par la pensée catholique. » Chaque fois, je leur disais : « Définissez des revendications sérieuses, et puis n’hésitez pas, agissez, je ne considère pas cela comme une gêne mais comme un point d’appui, cela m’aidera à argumenter, à faire avancer les choses. Edith Cresson est née le 27 janvier 1934 à Boulogne-Billancourt. Je n’étais donc pas intimidé, mais ce mouvement social qui a projeté en ces lieux très politiques des représentants de la société défavorisée était pour moi un événement majeur. Bizarrement, cette grande entreprise n’avait pas de comité d’entreprise. Gaston Defferre : Ministre d'État, ministre de l'intérieur et de la décentralisation. Décès de Jack Ralite, ancien ministre communiste sous Mitterrand Jack Ralite est décédé à l'âge de 89 ans. fait le bilan des élections présidentielles et dresse un état des lieux de l'Amérique. Quatre ministres communistes entrent au gouvernement de Pierre Mauroy. J’ai également initié une relance très forte des transports urbains, notamment les tramways à Nantes, à Grenoble ou encore à Bobigny. La première leçon que je tire de cette expérience est qu’il est difficile de faire des réformes qui transforment un pays dans le sens du progrès humain. Jamais nous n’aurions dit que ce que nous avons fait était supérieur aux réalisations d’autres périodes, nous avions trop le sens de la contradiction pour cela et des limites de ce qu’étaient nos propres possibilités. Nationalisations, ministres communistes au gouvernement, dévaluations : l’arrivée au pouvoir de la gauche a créé un mouvement de panique dans les grandes entreprises et chez les notables de la finance. Gaston Defferre, qui est alors Maire de Marseille, refuse ce rival gênant. » Je lui ai dit « non ». J’ai refusé et ai mis sur la table ma démission si les choses en étaient ainsi. Et ce n’est que lorsque j’ai été licencié de l’arsenal de Limoges, où j’étais manoeuvre, que j’ai suivi un stage à l’Afpa. On ne fait pas progresser un pays sans un grand projet et sans grandes espérances. La rencontre a été d’une profondeur ! Marx n’est pas qu’un penseur de l’anticapitalisme. Ce sont les quatre responsables communistes qui siégeaient jusqu’alors au Gouvernement, Messieurs Fiterman, Rigout, Ralite et Le Pors. Quatre ministres communistes entrent en effet au conseil des ministres mais avec des maroquins qui peuvent être qualifiés de « techniques ». Ce que nous avons fait était important dans les différents domaines qui relevaient de notre compétence. Quatre hommes manquaient donc à ce premier Conseil des Ministres. Je retiens aussi le passage d’un seul type d’avion au concept de « famille Airbus » avec le lancement de l’A320. ANICET LE PORS. Le congrès de Tours de 1920 marque la scission de la gauche française entre deux forces revendiquant la représentation du mouvement ouvrier : la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO et futur Parti socialiste) et la Section française de l’Internationale communiste (SFIC et futur Parti communiste). Pour finir, juste une anecdote qui rend compte de l’état d’esprit chez certains militants communistes. André Labarrère : Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement. Jacques Latrille n’était pas le seul, puisque je me suis attaché à m’entourer de globules blancs, de globules rouges et de globules bleus. MARCEL RIGOUT. Je pense effectivement qu’énormément de réformes ont été réalisées et engagées dans cette courte période. Que vous a-t-elle apporté ? J’étais plutôt un expert ayant participé activement à l’élaboration du programme économique et notamment à la définition du seuil minimal de nationalisation. Au Parti communiste, je ne figurais pas parmi les dirigeants. Mais nous avions aussi la conviction qu’il fallait prouver que nous étions capables d’être des hommes de gouvernement et de conduire les réformes. Il faut remettre tout cela sur le métier. Eloge raisonné du Manifeste du parti communiste. Je pense que nous sommes sur un terrain plus favorable au développement d’une pensée rationnelle quant à la conduite des affaires publiques et du destin des peuples. Liste des ministres du Gouvernement de Pierre Mauroy (1981-1984) sous la présidence de François Mitterrand (1981-1995 Cette liste de femmes ministres françaises recense, (le socialiste Lionel Jospin recrée ce portefeuille entre 1997 et 2002 et François Hollande en 2012). Il faut beaucoup écouter. Elle l’était. Je ne regrette évidemment pas ce choix d’extension de la fonction publique fait à l’époque. Alors un jour, je me suis dit, il faut que j’en parle publiquement. En tant que membre de la commission des Affaires sociales et culturelles de l’Assemblée nationale, on recevait chaque année la Conférence des présidents d’université. C'est la première fois que la gauche arrive au pouvoir depuis la création de la Vème République. Évidemment, j’avais conscience que le recul du PCF à la présidentielle, confirmé par les législatives, ne nous mettait pas dans les conditions les plus favorables. Liste de tous les ministres sous Rocard et Mitterrand . Après, le patron envoie quelqu’un chercher du champagne, il prend une coupe, m’en tend une autre, je regarde : il n’y avait plus un travailleur autour de nous ! Ce n’est certainement pas l’amélioration de la Ve République, c’est la suppression de la désignation du président de la République au suffrage universel. Mais pas dans les conditions dans lesquelles nous sommes partis. L’histoire n’est pas un continuum, elle est faite d’événements. Il manque enfin quelque chose qui nous échappe totalement : l’événement. Il est aussi important, dans cette situation, d’avoir des convictions et une connaissance attentive des réalités économiques, financières et surtout humaines. Avec 1981, ces tonnes de dévouement aboutissaient enfin. Il y a eu une formule qui a connu un mauvais destin mais qui, je crois, est adaptée à notre sujet : le bilan globalement positif. Mais le communisme tel qu’il l’a envisagé... La pandémie de Covid-19 a fonctionné comme un puissant révélateur des fractures et des contradictions imposés par le capitalisme financiarisé au sens même du travail. Mais je pensais qu’il fallait s’inscrire dans ce mouvement, s’efforcer de l’influencer et de le mener le plus loin possible. Lorsque j’étais en charge du ministère du Travail, il y avait un conflit dur à Poissy avec le PDG de Peugeot, qui voulait licencier 3 000 personnes. Et c’est à travers cette vision très analytique que je voyais ce qui était, évidemment, un grand moment historique. Il fallait les rattraper. 1er-8 mai 1988France. Mon premier souci a été d’élaborer une politique globale des transports, traduite dans une loi d’orientation, qui est d’ailleurs toujours en vigueur. C’était le ministère MRP, le ministère du « je me penche sur »… Il fallait donc un texte qui fasse de la question de la santé une grande question politique. C’est un intellectuel, qui s’appelle Predrag Matvejevic, il a été professeur associé au Collège de France, il est venu à Aubervilliers faire un exposé sur le roman le Pont sur la Drina, d’Ivo Andric. Il faut faire avancer la démocratie sociale dans l’entreprise beaucoup plus loin qu’aujourd’hui. Moins de 2,5 euros par semaine. Il nous a demandé à quoi nous avions pensé lorsque nous avons franchi le seuil de l’Élysée. UNE PLONGEE DANS FERRAT INTIME Dix ans après sa mort, la mémoire de Jean Ferrat reste vive parmi ceux, très nombreux, qui l’ont aimé. Lorsque nous sommes entrés au gouvernement, nous vivions une période charnière. Et pour moi, qui étais encore très jeune à la Libération, ce fut le grand moment politique de ma vie. Nous sommes restés dans le schéma du programme commun, certes sympathique et intéressant, mais qui, mis en pratique, s’est heurté aux difficultés du contexte international. La première, c’est qu’il n’y a pas eu de valorisation de l’activité des ministres communistes. , directeur de L’Humanité, tente ici une analyse du mouvement... Numéro spécial publié à l’occasion du 100e anniversaire du Parti communiste français, 8,90€ - Format 20x26 - 124 pages - Dos carré collé, Chez Adecco, une liste noire pour contourner les plans sociaux. Que ce soit une souffrance, moi je l’ai eue comme d’autres. Ce n’est pas à moi de juger si j’ai été un bon ministre, même si beaucoup me l’ont dit. Ils soupçonnaient les ministres communistes de vouloir à tout prix lancer cet avion pour la gloire…. J’ai donné aussi la priorité aux dessertes quotidiennes, comme les rocades et déviations d’agglomération. JACK RALITE. Je suis sorti de l’école à douze ans. Avec la mise en œuvre de ce nouveau contrat destiné aux métiers en tension, Adecco poursuit sa... Abonnez-vous ! Il faudrait s’inscrire dans cette nouvelle nécessité de rêve prométhéen et d’action volontaire pour définir son destin. Christian Nucci : Ministre délégué auprès du ministre des relations extérieures, chargé de la coopération et du développement. Le grand problème qui n’a pas été résolu et a valu un mécontentement grandissant, c’est la question de l’emploi et du chômage. Nous n’avions pas vraiment les outils, mais nous avons essayé d’ouvrir une voie différente avec des propositions. Alain Calmat : Ministre délégué à la jeunesse et aux sports. On m’a finalement confié le ministère de la Formation professionnelle. Ce qui implique une révolution démocratique, un nouvel âge de la démocratie, avec un changement profond des institutions, avec, sinon la suppression de l’élection du président de la République au suffrage universel, du moins un rééquilibrage des pouvoirs, avec des possibilités d’initiative des citoyens, une démocratie participative, qui concernerait d’abord les entreprises. Cela a été une nationalisation dont personne n’a parlé. Louis Mexandeau : Ministre délégué auprès du ministre du redéploiement industriel et du commerce extérieur, chargé des P.T.T. JACK RALITE. François Mitterrand et ses services n’ont pas cessé de combattre ce projet, qui s’est terminé sous la forme d’un décret croupion du 23 novembre 1983, qui a disparu depuis. Il y a eu une réaction complètement sommaire, qui a consisté à se replier et, comme il y avait eu un échec aux élections européennes de 1984, à rendre le PS responsable des maux du Parti communiste. Mon objectif numéro un a été de m’occuper de tous ces jeunes qui sortaient du système scolaire à seize ans sans aucune formation professionnelle, avec un bagage culturel très léger. Sans abandonner la critique lorsqu’elle était nécessaire. Les autres ministres, dont Jack Lang, apprennent leur nomination à la radio [3]. Et de se battre dans les meilleures conditions possibles. Je suis avec les archivistes des Archives nationales en lutte en ce moment. Au final, nous avons réussi à mettre en formation 600 000 jeunes, dont 300 000 ont trouvé du travail à leur sortie. Avec le ministère de la Santé, je suis ainsi passé de l’esprit au corps, ce qui fut passionnant. » Je me suis dit : « Celle-là, elle ira certainement très loin… ». ANICET LE PORS. Quand il y avait des choix politiques, j’en parlais avec le secrétaire général. En vérité, nous nous voyions, nous les ministres, de temps en temps, nous discutions entre nous, toujours très librement. Du point de vue de l’Histoire, j’avais l’impression de participer à un niveau beaucoup plus élevé que d’habitude au changement pour lequel je mettais engagé il y a longtemps et qui tardait à venir J’étais adjoint au maire à Aubervilliers, une ville rude mais tendre. Cette question était à l’évidence un enjeu politique qui m’a échappé. En fait, ce qui n’était pas digéré au Parti communiste, c’est qu’il était passé derrière. En bonne rigueur financière, j’ai proposé que ce concours de l’État soit transformé en participation au capital. Parfois, une espèce de sclérose de l’acquis se retourne même contre la finalité que cet acquis a résolue à l’origine. Cette alternanc Ça a créé un tonnerre. Mais j’ai, en tout cas, la satisfaction d’avoir su assumer de hautes responsabilités dans l’appareil d’État. Enfin, peut-être que tout cela tient à une faiblesse. Cela dit, jamais nous n’avons eu, lorsque nous étions ministre, des indications du Parti communiste. Guy Hermier était à Marseille le 10 mai 1981 et devait remonter à Paris retrouver ses camarades du bureau politique. Les communistes désirent cinq ministères, et proposent Anicet Le Pors aux PTT, Gisèle Moreau au Travail, Jack Ralite à la Culture, et Guy Hermier. Je tire une leçon principale, c’est qu’il faut discuter beaucoup. Ouvrier, autodidacte, Pierre Bérégovoy est nommé Premier ministre en avril 1992 par le président de la République François Mitterrand, en remplacement d’Édith Cresson. C’est sans doute la raison pour laquelle le sujet a été relativement peu développé par les historiens pourtant nombreux à avoir étudié la période. Le programme commun avait commencé avec Waldeck Rochet et quand il fut signé, une immense espérance est née dans le pays. Mais nous, avec Charles et Jack, nous voulions arriver ensemble. Ce fut une coopération humaine d’une extrême rareté. CHARLES FITERMAN. Récit des quelques jours qui ont fait trembler le grand capital. Cela aussi a manqué. Par rapport à l’analyse de la période et aux perspectives, je partage les conclusions d’Anicet et de Charles. Sans le dissocier de l’ensemble des mouvements sociaux et citoyens. Là, j’ai demandé du secours à Péguy, qui a dit : « Je n’aime pas les gens qui réclament la victoire et qui ne font rien pour l’obtenir, je les trouve impolis. À partir d’un moment, ce n’était pas la question. J’ai pu la sauvegarder et commencer à relancer son activité avec un statut d’entreprise publique industrielle et commerciale. Celle de la propriété, car je crois toujours que là où il y a propriété, il y a pouvoir, mais celle-ci ne doit pas être considérée, comme nous l’avons fait jusqu’à présent, comme un transfert juridique, il faut l’associer à une économie de besoins et à l’intervention des travailleurs. Gouvernement Fabius (17 juillet 1984 - 20 mars 1986) : Résultats élections présidentielles en France. Mon premier titre professionnel a été le certificat de tourneur sur métaux et je n’oublierai jamais mon directeur de formation et mon moniteur. Depuis cette date, et tout au long du vingtième siècle, de nombreuses collaborations ont lieu entre ces forces politiques, ainsi que des tentatives de réuni… Découvrez notre Hors série 1981, l'histoire d'une espérance. Il m’a répondu : « Mais finalement, c’est chez nous qu’on est le plus contrôlé ! Il est entré par la grande porte, tout seul. On a réussi à sauvegarder 2 000 postes et sur le dernier tiers, le patron ne voulait plus négocier. C’était un fait sans précédent et ça l’est resté depuis. On me désigne même comme l’inventeur des ronds-points ! J’avais donc approché un peu les questions du transport aérien. Il faut recomposer, notamment au niveau des rapports sociaux, de la démocratie, de l’environnement, une société pour l’homme, au service de l’homme. En ce qui me concerne, je n’avais aucune connaissance de l’appareil d’État – je suis d’origine ouvrière – et aucune connaissance précise de l’organisation des transports. Depuis, le PCF ne cesse de s’effriter, jusqu’à atteindre à peine 2 % à la présidentielle de 2007. Jack Ralite, l’un des ministres communistes du gouvernement de Pierre Mauroy, sous la présidence de François Mitterrand. MARCEL RIGOUT. Pour mieux le prouver, le patron des communistes ouvre aujourd'hui les archives de son parti. Le troisième pilier, enfin, réside dans la citoyenneté qu’il nous faut renouveler avec l’héritage de la Révolution française et rattraper ce que nous entendions par « l’Homme nouveau » que devaient créer le socialisme et le communisme. Il faut se rappeler, enfin, que le programme commun avait été signé une dizaine d’années auparavant, que son élaboration avait pris une dizaine d’années de plus. Pour l'anniversaire de ses 90 ans, revivez en récits et en photo l'incroyable histoire de la Fête de l'Humanité. Quel bilan tirez-vous de la politique qui fut menée durant cette période ?