Quelques formules considérées comme sibyllines dans les témoignages contemporains, quelques apparentes incohérences factuelles, ont donné occasion à certains amoureux de Molière à l’imagination fertile (des comédiens singulièrement[n 17]) de développer, au sujet de la mort inopinée du grand homme, une théorie littéralement « cabaliste » (pour ne pas dire complotiste), mettant en cause les fameux « dévots » de la Compagnie du Saint-Sacrement que l’auteur du Tartuffe aurait stigmatisés neuf ans plus tôt sur ordre de Louis XIV. Mais, dans l'endroit où il contrefaisait le mort, il demeura si faible qu'on crut qu'il l'était effectivement, et on eut mille peines à le relever. Il y avançait l'hypothèse selon laquelle, le soir du 17 février 1673, Molière aurait été arrêté dans le plus grand secret, alors qu'on le ramenait chez lui après la tragique représentation du Malade imaginaire. Molière ? Un jour qu'il devait jouer Le Malade imaginaire, pièce nouvelle alors et la dernière qu'il avait composée, il se trouva fort mal avant que de commencer, et fut près de s'excuser de jouer, sur sa maladie. The late Roger Duchêne, renowned for his biographical studies on Ninon de Lenclos, Madame de Lafayette, La Fontaine, and Madame de Sévigné, brought together the two distinctively French approaches of the biographie historique and the biographie interprétative, avoiding the pitfalls of predecessors, by distinguishing carefully between fact and myth, and … Save for Later. Voir la notice que lui consacrent Jean Lesaulnier et Antony McKenna dans le. Il n'y eut pas été un moment qu'il envoya demander à sa femme un oreiller rempli d'une drogue qu'elle lui avait promis pour dormir. Ils sont partis, et j’ai peu d'espérance », En somme, comme l'écrit Georges Forestier dans sa récente biographie (Molière, Paris, Gallimard, 2018, p.12), Molière, « est mort […] des conséquences brutales d’une infection pulmonaire qui a emporté des centaines d’autres Parisiens en février 1673 ». C'est d'abord le correspondant de la Gazette d'Amsterdam qui écrit, trois semaines après l'événement : « Le sieur de Molière est mort, comme vous avez déjà su, mais si subitement qu'il n'a presque pas eu le loisir d'être malade. 5 Service ORL et Chirurgie Cervico-Faciale, Hôpital de Hautepierre, 1, Avenue de Molière, 67200 Strasbourg, France. "Le Tartuffe ou l'Imposteur" est une comédie de Molière en cinq actes et en vers créée le 5 février 1669 sur la scène du Théâtre du Palais-Royal. On remarque combien ce récit est redevable au texte de La Fameuse Comédienne : les circonstances de la dernière représentation, la convulsion ou le sang dans la bouche, marque ultime d'une maladie que Grimarest attribue, comme l'avait fait l'auteur de La Fameuse Comédienne, aux chagrins causés à Molière par le comportement de sa femme. [Quelques lignes plus loin, l'auteur en vient au récit de l'inhumation au cimetière Saint-Joseph.] - quote by Molire on YourDictionary. […] Pris de crampes soudaines, [il] grimace, mais tient bon jusqu'au bout, transcendé par la scène. Mais le père de la jeune femme a décidé de marier sa fille à un autre homme. ». Madeleine Jurgens, « Les Restes mortels de Molière. Louis Moland, « La sépulture ecclésiastique donnée à Molière », Jean Serroy, « Argan et la mort. ), Dom Garcie de Navarre ou le Prince jaloux, Élomire hypocondre ou les Médecins vengés, Tapissier et valet de chambre ordinaire du Roi. Ce récit a été rédigé au début des années 1680, comme le reste du registre[4]. Où d’un Malade imaginaire En 1697, Pierre Bayle fait état, dans son Dictionnaire historique et critique, de la légende, qui alors commence à se répandre, selon laquelle Molière serait mort sur scène, et il mentionne quelques-unes des épitaphes qu'elle a suscitées : « Le principal personnage de la dernière comédie de Molière est un malade qui fait semblant d'être mort. Depuis le mois d'août 1672, Molière et Armande occupent, dans un immeuble de trois étages situé sur l'emplacement du n° 40 actuel de la rue de Richelieu (en face de la rue Villedo), de vastes appartements qui se composent d'une cuisine, du premier et du second étages, de la moitié du grenier et de quatre pièces situées à l'entresol, où dorment les valets et servantes et où ont dû loger les deux religieuses dont il sera question dans la suite du récit (Pierre Mélèse, « Les demeures de Molière ». Dont le bel art réjouissait la France. Le curé de Saint-Eustache, le janséniste Pierre Marlin[19], refuse donc d'accorder au défunt une sépulture chrétienne[20]. Cette pierre est fendue par le milieu, ce qui fut occasionné par une action très belle et très remarquable de cette demoiselle. Quantity available: 1. Bulletin de l'Académie Nationale de Médecine Volume 193, Issue 9 , December 2009, Pages 2169-2180 Molière et les médecins, ou comment exorciser la maladie par le rire Comme d’autres farces de Molière, Le Malade imaginaire est une satire de l’imposture médicale. Molière représenta avec beaucoup de difficulté, et la moitié des spectateurs s'aperçurent qu'en prononçant Juro, dans la cérémonie du Malade imaginaire, il lui prit une convulsion. "Le Misanthrope ou l’atrabilaire amoureux", l'une des meilleures comédies de Molière, n'a que peu de succès. La fiabilité de ce récit est garantie par le fait que l'archevêque de Paris diligenta aussitôt une enquête pour vérifier la véracité des faits contenus dans la requête, à l'issue de quoi il donna son autorisation pour l'inhumation de Molière dans un cimetière dépendant de la paroisse Saint-Eustache. Et cependant le seul Molière y gît : Comment amener ce faux malade à se ranger du côté de l'amour vrai ? Suivre cette oeuvre. Une autre femme, qui était à sa fenêtre et qui l'entendit, s'écria : Comment, malheureuse ! Mais il envoya chercher les comédiens, à qui il dit que, se sentant plus incommodé que de coutume, il ne jouerait point ce jour-là s'ils n'étaient prêts à quatre heures précises pour jouer la comédie. La mort de Molière, survenue dans la soirée du 17 février 1673, à son domicile de la rue de Richelieu à Paris, alors qu'il venait de jouer pour la quatrième fois le rôle titre de son Malade imaginaire, a frappé ses contemporains par son caractère doublement dramatique. Simplement, on ne pouvait enterrer en grande pompe un homme aussi célèbre que Molière et aussi suspect d’irréligion, alors qu’il était mort sans avoir reçu les sacrements de l’Église, même si l’Église, par la faute de deux de ses prêtres, en était responsable. On pourrait néanmoins s'étonner que dans sa biographie de Molière (Paris, 2018. ». Shipping: £ 5.30 From France to United … Molière a succombé à une tuberculose pulmonaire, peut-être héréditaire, dont l'anévrisme de Rasmussen est une complication assez fréquente. Orgon est l'archétype du personnage de cour tombé sous la coupe de Tartuffe, un hypocrite et un faux dévot. Quand le musée fut fermé, en 1816, on transporta les cercueils au cimetière de l’Est, l'actuel Père-Lachaise, où ils reçurent une place définitive le 2 mai 1817. (Voir « Molière et la médecine de son temps » in Actes du 3e colloque du CMR 17, janvier 1973, publiés dans la revue Marseille, n°95, 1973 ; et Patrick Dandrey La Médecine et la maladie dans le théâtre de Molière, 2 t., Paris, Klincksieck, 1998, en particulier, t. 2, p. 569 sqq. Cependant je sens bien que je finis." Elle contrefit du mieux qu'elle put la personne affligée; mais tout ce qu'on employa ne servit de rien : il mourut en fort peu d'heures, après avoir perdu tout son sang, qu'il jetait avec abondance par la bouche, et laissa ainsi le théâtre exposé à l'audace de tant de misérables auteurs dont il est maintenant la proie[8]. Je mis fin à ces vers en février le dix-huit. Par Molière. […] La première scène de son ultime chef-d'œuvre débute. La maladie de Ménière est une maladie qui atteint l ’oreille interne. C’est enfin une comédie-ballet dominée par un climat de fantaisie et d’insouciance. ». Il se produit moins régulièrement. Sganarelle et la médecine. Il a consacré une quinzaine d'études et essais à la littérature française du 17e siècle et à l'histoire de la mélancolie, notamment ― La Fontaine , La Fabrique des Fables (Klincksiek, 1991 et PUF, 1996), La Fontaine ou les métamorphoses d'Orphée (Gallimard, 1995 ) ; ― Molière : Molière ou l'esthétique du ridicule (Klincksiek, 1992), La Médecine et la maladie dans le théâtre de Molière … Quand la pièce fut finie, il prit sa robe de chambre et fut dans la loge de Baron, et il lui demanda ce que l'on disait de sa pièce. Et de répondre : Une tuberculose, accompagnée de ce qu'on nomme, au XVIIe siècle, mélancolie hypocondriaque, puis neurasthénie, aujourd'hui syndrome dépressif ou dépression nerveuse chronique. Cette dernière phrase semble attester que ce n'était pas la première fois que Molière crachait du sang. Ainsi, quand sa femme et Baron remontèrent, ils le trouvèrent mort. Térence et Plaute et Molière sont morts. — Cela est vrai, lui répondit Molière, j’ai un froid qui me tue. Molière de A à Z Maladie La santé de Molière semble initialement plutôt bonne, si l’on en croit les allusions contenues dans le pamphlet Élomire hypocondre, dont l’auteur évoque le « frais embonpoint » du dramaturge et compare ses bras à de « vrais gigots ». La Molière [Armande Béjart] en fut épouvantée ; elle ne pouvait pénétrer l'intention de cette populace. L'une des deux servantes de Molière et Armande. Le cadavre de Molière n'avait aucune chance d'y mourir en paix. Selon un témoignage tardif[21], Armande aurait alors tenté de faire intercéder Louis XIV : « Lorsque Molière fut mort, sa femme alla à Versailles se jeter aux pieds du roi pour se plaindre de l'injure que l'on faisait à la mémoire de son mari en lui refusant la sépulture, mais elle fit fort mal sa cour en disant au roi que si son mari était criminel, ses crimes avaient été autorisés par sa Majesté même. Il en mangea avec un peu de pain et il se fit mettre au lit. Et de fait le nombre des épitaphes et autres pièces de vers occasionnées par la fin brutale d'un comédien aussi célèbre que controversé s'élève à plus d’une centaine. Le plus fiable est dû à La Grange, l'un des principaux comédiens de la troupe de Molière et son homme de confiance, qui l'a intégré dans son "Extrait des recettes et des affaires de la Comédie" (manuscrit baptisé "Registre de La Grange" depuis le XIXe siècle) à la date du vendredi 17 février, précédé d'un losange noir[3] : « Ce même jour après la comédie, sur les 10 heures du soir, M. de Molière mourut dans sa maison rue de Richelieu, ayant joué le rôle du Malade imaginaire, fort incommodé d’un rhume et fluxion sur la poitrine qui lui causait une grande toux, de sorte que, dans les grands efforts qu’il fit pour cracher, il se rompit une veine dans le corps et ne vécut pas demi-heure ou trois quarts d’heure depuis ladite veine rompue, et est enterré à la paroisse Saint-Joseph, aide de la paroisse Saint-Eustache. Les trois derniers mentionnent l'état de souffrance de Molière avant la représentation et le fait qu'il a été raccompagné chez lui après la représentation. À Paris la voie de bois était d'environ deux stères (1 stère 9 dixièmes).". Tous ses amis y assistèrent, ayant chacun flambeau à la main. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Il s’agit d’une maladie chronique qui provoque des vertiges et des acouphènes, évoluant par cirses, plus ou moins violentes. Moliere Malade imaginaire.jpg 3,127 × 1,915; 4.99 MB Molière Der eingebildete Kranke (Freya Bd 04-1864 S 109 GKühn).jpg 1,716 × 2,136; 2.29 MB Oeuvres de Molière -Le malade imaginaire - Bret - Isidore Stanislas Helman.jpg 641 × 1,079; 298 KB Il perdit tout soudain la vie. Abbé Vincent Davin, « La Mort de Molière » et « La Tombe de Molière ». Dans le film Molière, ou la vie d'un honnête homme (1978), la réalisatrice Ariane Mnouchkine traite l'épisode de la mort de Molière dans une longue séquence sur un extrait de l'opéra King Arthur (What power art you, Cold Genius, Acte III Scène 2) de Henry Purcell, dans laquelle le comédien dont la bouche est rouge du sang qu'il a vomi est escorté par ses amis jusqu'à sa chambre, tout en revivant en imagination des moments de son passé. Voir la note attachée aux "enfants bleus" dans la citation précédente. Par une ironie de l'histoire, Harlay de Champvallon, débauché notoire (voir ce que Segrais écrit de lui : "C'était une grande happelourde : il avait un bel extérieur, mais il n'était propre qu'à attraper de petites femmes", L'original de ce document, aujourd'hui disparu, avait été collationné par le notaire Jean Levasseur. "The bowel… Publié pour la première fois en l'An VIII de la République [1800], dans le second tome du. Selon eux, les interruptions pouvaient avoir de « multiples causes: indisposition passagère d’un acteur important, graves obligations familiales inopinées, fêtes religieuses, séjour à la Cour, décision collective de la troupe…» et Molière n'aurait donc pas, toujours selon les mêmes auteurs, été « plus souvent malade que ses contemporains, dans un temps où la moindre fièvre, si l'on en réchappait, coûtait des semaines de lit ». interroge ainsi, Jean-Baptiste Aubry, sieur des Carrières est le second mari de, Plus haut dans son récit, Grimarest écrivait : «Il aurait tout quitté pour vivre dans une mollesse philosophique dont son domestique [= sa vie privée], son travail et sa troupe l'empêchaient de jouir. Or, à l'exception de son valet, qui veut le pousser à consulter des médecins qui vont l'effrayer, le ridiculiser et le déclarer fou, ses proches (sa femme en particulier) insistent sur le fait qu'il va très bien, qu'il dort comme un bienheureux, mange comme quatre et ne tousse pas ; sa maladie est une maladie imaginaire et sa seule vraie maladie est justement son hypocondrie. Molière n’a pu signer ni abjurer : des trois prêtres de la paroisse de Saint-Eustache auxquels sa femme a fait appel pour lui porter l'extrême-onction, deux ont refusé de venir et le troisième est arrivé trop tard. Clion (sic), adieu ! Tant soit peu, dit-on, s’en chagrine, The main characters of this cultural, france story are Angelique, Argan. « La vulgate, écrit ainsi Francis Huster dans une saisissante évocation[33], veut que [Molière] soit mort sur scène et de maladie. illness; affliction; complaint: He had a chronic malady that sapped all of his energy. Vite, parlez, Notre Molière, le Térence et le Plaute de notre siècle, en est péri au milieu de sa dernière action[17]. "Tout ce qui n’entre point dans le corps, dit-il, je l’éprouve volontiers, mais les remèdes qu’il faut prendre me font peur ; il ne faut rien pour me faire perdre ce qui me reste de vie." dit-il, les bouillons de ma femme sont de vraie eau-forte pour moi ; vous savez tous les ingrédients qu’elle y fait mettre : donnez-moi plutôt un petit morceau de fromage de parmesan." Aucun document — registre de la troupe, gazette, mémoire — ne confirme la présence d'un tel public à cette quatrième représentation, dont la recette, au contraire, marque un léger fléchissement par rapport aux trois premières. […] Mensonge d'État qui ira jusqu'à la commande au sieur Grimarest d'une biographie qui ne rime à rien, fabriquée de toutes pièces… », En 1883, le musicographe et littérateur Anatole Loquin fit paraître, sous le pseudonyme d'Ubalde, une plaquette de 31 pages intitulée Le Secret du Masque de fer, étude sur les dernières années de la vie de J.-B. M. le Baron (sic) lui répondit que ses ouvrages avaient toujours une heureuse réussite à les examiner de près et que plus on les représentait plus on les goûtait. Rappelons que c'est en partie pour répliquer à ce texte que Molière a écrit Le Malade imaginaire, et qu'il n'aurait pas pu l'écrire s'il n'avait pas été en excellente santé : toute la pièce repose sur le fait qu'Argan se croit malade, alors qu'il est en pleine santé et que tous les remèdes qu'il prend quotidiennement ne parviennent même pas à le tuer.